Devoir de mémoire

Ce matin, nous avions prévu de visiter le Palais Royal mais il est fermé alors nous nous rendons au Musée du génocide, la prison S 21, ancien lycée devenu lieu de “production de traitres” selon l’Angkar, l’organisation des khmers rouges.

Nous sommes secoués par la visite de ce lieu de souffrance extrême, absurde, dans lequel furent torturés des milliers de personnes. Le parcours, documenté et précis relate la prise de Phnom Phen par les Khmers rouges le 17 avril 1975, accueillis comme des libérateurs par la population qui subissait les bombardements réguliers américains, “dégâts collatéraux” de la toute proche guerre du Vietnam.  La ville est vidée de ses habitants dans les heures qui suivent et toute trace du peuple nouveau, en opposition au peuple ancien, doit disparaitre. Comprenez étudiants, médecins, professeurs, hommes de droit, ingénieurs… Savoir lire et écrire est en soi suspect.

Au cours des presque 4 années de ce régime, 1 Cambodgien sur 4 meurt : exécutions sommaires, famine, épuisement dans le travail des champs…

Difficile de décrire ce que l’on ressent en écoutant les témoignages des quelques survivants de S21, 12 sur plus de 12 000 prisonniers (recensés, mais potentiellement jusqu’à 20 000, les khmers rouges ayant détruit une partie de leurs archives à l’arrivée des Vietnamiens), en parcourant les photos de tous ces hommes, de toutes ces femmes. 

Musée de génocide S-21

Musée de génocide S-21, photos de victimes

Comment cela a-t-il pu être possible ? Comment concilier l’image paisible du pays aujourd’hui, la grandeur de la civilisation khmère d’Angkor et la cruauté des cadres khmers, souvent de jeunes voire très jeunes hommes ?

Retourner à notre journée de touriste après cette immersion dans ce passé si récent est pour le moins étrange. Une pause dans un café pour préparer la suite du voyage nous permet d”atterrir” un peu.

Le Palais royal est toujours fermé, nous décidons d’aller déambuler dans le Marché central, construit en 1937, qui reste encore aujourd’hui un des plus grands marchés couverts d’Asie. On y trouve tout : des bijoux, des vêtements, stands de poissons, viande, fruits et légumes, de la vaisselle, et aussi des rangées de couturière, des mini salons de coiffure ou de manucure. C’est fascinant.

Central market

Un salon de coiffure dans le Central market

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Central market

Central market

Retour à pieds, il fait moins chaud et nous découvrons une ville très contrastée, ruelles sombres et très pauvres, restaurants de rue, boutiques multiples mais aussi centres commerciaux “modernes” se côtoient à quelques mètres.

Dans les rues de Phnom Penh

Dans les rues de Phnom Penh

Dans les rues de Phnom Penh

Fin de journée au bord du fleuve Tonlé Sap : une pensée pour Jean-Louis que nous avons du mal à imaginer enfant dans cet environnement Sourire

Le Tonlé Sap

Cécile