Aujourd’hui nous retournons à Angkor, pour la troisième et dernière fois. De nouveau nous partons tôt le matin vers le temple hindou de Banteay Srei, qui est à une demi-heure en tuk tuk après les temples principaux d’Angkor. Donc Angkor plus loin.
Il est remarquable par la bonne préservation des sculptures de ses linteaux et de ses murs, et par le grés rose utilisé. Il y a peu de monde, nous pouvons en profiter pleinement. A notre gré.
Certaines de ces sculptures sont des reproductions, les originaux ayant été volés ou mis en sécurité dans les musées. Car oui, le pillage est une plaie qui sévit depuis longtemps à Angkor. D’ailleurs, un sinistre individu s’est illustré en 1923 en se faisant passer pour un archéologue dûment accrédité et en sciant des bas reliefs afin de les revendre à des collectionneurs. Il fut arrêté à Phnom Penh et fut condamné à trois ans de prison, mais sa femme rentra dans son pays d’origine afin de mobiliser les intellectuels pour sa cause, il fit appel et sa peine fut réduite à un an avec sursis, et il put rentrer chez lui, parce que, bon, il avait un destin à accomplir quand même : il s’agissait d’André Malraux. Pas mal pour un futur ministre de la culture, non ?
Cela, bien sûr, nous le savions déjà, pour qui vous nous prenez ? Mais bon, c’est décrit dans une exposition près de l’entrée du temple, très bien fichue. Parce qu’elle ne fait pas que dire du mal de notre grand écrivain, elle décrit également les techniques d’assemblage des pierres utilisées à l’époque (qui étaient fortement inspirées de la menuiserie !), elle présente des photos du site avant sa restauration, elle montre cette restauration (avec les archéologues de l’école française d’extrême orient, entre autres, qui commandent la main d’œuvre cambodgienne), on y voit les plans du site, bref plein de choses très intéressantes, mais on m’a empêché de tout lire (Alice comprendra).
Ensuite, sur le chemin du retour, nous repassons à Angkor, heureux. Encore heureux de pouvoir nous arrêter visiter un autre temple hindou, celui d’East Mebon. Autrefois situé sur une île dans un gigantesque réservoir artificiel, il est maintenant cerné par la forêt et les rizières. Datant du Xème siècle, il est conçu sur une symétrie centrale et dégage un certain charme.
Construit essentiellement en latérite, mais aussi en brique et en grès, curieusement il semblerait que les murs en brique tiennent mieux debout que les autres…
Ensuite, déjeuner à Siem Reap, retour à l’hôtel, trempette dans la piscine, petite sieste, puis visite d’un centre d’artisanat et de formation de Siem Reap. On y voit les artisans sculpter le bois, la pierre, tisser la soie, faire des bijoux, des objets en laque. Et bien sûr on peut acheter les produits, souvent beaux, mais chers.
Enfin, après un dîner rapide, nous assistons à une représentation du cirque cambodgien Phare : sous un chapiteau, un spectacle surtout composé de numéros d’acrobates, vraiment sympa.
Mais bon, Siem Reap et Angkor, c’est fini. Demain matin, départ en bateau pour Battambang.
Denis