Bateau sur l’eau

Aujourd’hui, comme à notre habitude, nous nous réveillons tôt. Cela devient si courant qu’il est presque inutile de le préciser: nous nous levons tôt, de la même façon que nous accomplissons certaines habitudes telles que le brossage de dent, l’apéro dès 18h ou encore supporter les blagues douteuses de Denis. Bref, le réveil sonne à 5h45 et nos yeux s’ouvrent à 6h.

Notre programme est de nous rendre à Battambang en bateau, réputé pour ne pas être confortable compte tenu de la durée du trajet, au moins 7h, mais qui permet de passer à travers des villages flottants qui ne sont pas habitués à la visite des touristes. Notre journée se déroule ainsi au fil de l’eau, et je tiens à vous faire part de mon journal de bord, essentiel au matelot, dont le récit ne sera pas réparti selon le jour, pour une raison évidente de longévité, mais selon l’heure.

Première heure de trajet : nous embarquons sur à bateau petit, en longueur, les deux banquettes ne suffisent pas à tous nous tenir assis. Dès le départ nous montons sur le toit, qui n’est pas aménagé mais qui nous permet de profiter de l’air frais, d’une meilleure vue mais aussi du soleil qui commence à se montrer…

En descendant vers le Tonlé Sap

Sur le Tonlé Sap

Deuxième heure de trajet : sur ce même toit, nous nous laissons bercer par le moteur et profitons de la tranquille traversée du lac, tout en sentant la chaleur devenir de plus en plus présente. (Je me sens comme une grenouille que l’on a d’abord plongée dans de l’eau tiède, et qui ne sent pas la température monter jusqu’à s’ébouillanter).

Troisième heure de trajet : nous traversons une rivière et ses villages flottants, nous saluons les enfants et nous assistons à leur vie quotidienne. Alors que nous croyions l’embarcation pleine, des locaux s’y ajoutent jusqu’à ce que le toit soit à son tour entièrement occupé. De plus en plus d’algues recouvrent l’eau, bientôt le bateau semble naviguer sur un pré aux hautes herbes vertes. Il ralentit et doit souvent faire marche arrière pour se dégager de la végétation.

En remontant la Sangker River

En remontant la Sangker River

En remontant la Sangker River

Quatrième heure de trajet : nous traversons moins de villages flottants mais les algues persistent. Parfois le bateau s’arrête sans aucune habitation en vue. II dérive au gré du courant. Le moteur arrêté, ce n’est pas du silence que nous profitons mais de la pop cambodgienne diffusée à l‘avant sur une enceinte Bose.

Cinquième heure de trajet : toujours paisible, le paysage qui défile et la chaleur maintenant écrasante, nous rêvassons, tenus quelque fois en éveil par le vol de beaux oiseaux qui profitent, comme nous, de l’air que le bateau fait souffler. Cela ne suffit pas à Denis, qui s’endort.

Sixième heure de trajet : le ciel se couvre autour de nous, il pleut aux environs et nous nous dirigeons vers ces nuages menaçants. Après un court arrêt de restauration sur une maison flottante, nous rentrons juste à temps à l’intérieur du bateau, avant que la pluie ne nous oblige à tous nous entasser dans le noir et la chaleur.

En remontant la Sangker River

Dernières heures de trajet : la pluie de mousson ne dure pas mais nous ne pouvons remonter sur le toit. Toutes les places assises ne sont pas disponibles à l’intérieur. Pendant ces trois dernières heures nous somnolons, sans savoir si nous sommes proches d’arriver. C’est à la neuvième heure que la terre ferme se présente à nos pieds.

Sur cette terre le moussaillon est déséquilibré : à peine arrivés nous profitons de la piscine. Je suis fière d’annoncer que la proximité que j’ai eue avec cette flotte m’a permis d’acquérir une aisance dans ce milieu, je suis en effet désormais capable de noyer mon père. Néanmoins cette proximité a commis un sinistre durant le trajet en aspergeant nos sacs : Les Fleurs du Mal se trouve déchiré, gondolé et bavant, soit irrécupérable.

La piscine du Seng Hout hôtel

bisous

Romane