Cuisine et chauve-souris (mais pas en même temps)

Aujourd’hui, nous avons prévu une journée tranquille à Battambang, deuxième ville du pays : un cours de cuisine khmer le matin, et la visite d’un site des environs en fin d’après-midi. Pas trop chargé !

Pour ce cours nous ne sommes que tous les trois. Ca commence par un tour au marché, même si en fait nous n’y n’achetons que quelques-uns des ingrédients dont nous avons besoin, ils se sont déjà approvisionné de l’essentiel par avance pour gagner du temps. Comme souvent, le marché est une expérience marquante. La diversité des produits, les couleurs, les odeurs, l’exigüité, le monde : c’est riche en sensations. D’ailleurs notre accompagnateur prend soin de bien nous avertir, il craint que nous soyons choqués : pas de réfrigérateur ici, les animaux sont en général amenés vivants et tués et dépecés sur place.

Le marché à Battambang

Ce qui est et le plus étonnant pour nous sur ce marché, c’est la diversité de ce qu’on y trouve comme aliments. Bien sûr, beaucoup de fruits et de légumes étranges, mais surtout beaucoup d’animaux, jusqu’aux insectes ; larves, fourmis, sauterelles vivantes ou grillées… Nous ne nous risquerons pas sur ces saveurs pour notre cours de cuisine.

Sur le marché, des larves séchées

Sur le marché, des sauterelles

Sur le marché, du cochon. Dans la cuvette, du boudin

Rapidement nous retournons au restaurant pour entrer dans le vif du sujet : apprendre à cuisiner un repas khmer. Le menu du jour : rouleaux de printemps en entrée, amok de poisson, bœuf lok lak, bananes et tapioca au lait de coco en dessert. Notre prof s’appelle Toot, il est très sympa, il nous donne toutes ses instructions en français, il se débrouille très bien. Nous prenons beaucoup de plaisir à réaliser ces plats riches en saveur. Et à les consommer, une fois terminés ! Le tout pour 10$ par personne, qui dit mieux ?

Cours de cuisine khmer

Cours de cuisine khmer, les rouleaux de printemps

Les doigts racine, le gingembre, le galanga et le curcuma. A côté, la citronelle.

Après cela, une bonne pause digestive à l’hôtel, puis nous partons en tuk tuk à Phnom Sampov, une colline située à 12 km de Battambang, qui est un lieu de pèlerinage bouddhiste avec des grottes, des temples et des stupas. C’est également un lieux tristement célèbre à cause des khmers rouges qui y ont exécuté des milliers de personnes.

Nous montons à pieds sur la colline pour visiter et profiter du paysage. Dans une des grottes, un bouddha couché côtoie les ossements de quelques-unes de ces victimes, exposés derrière des vitres.

Phnom Sampov, killing cave

Près du temple qui occupe le sommet, de nombreux singes pas du tout craintifs se baladent.

A Phnom Sampov

Globalement je ne suis pas emballé par ce lieu sale aux aménagements bricolés, et par le mélange entre le religieux, le mémoriel, et le touristique.

Une fois redescendus de la colline, nous nous installons face à une grande grotte d’où chaque soir, à la tombée de la nuit, sortent des centaines de milliers, voire des millions de chauve-souris pour aller chasser des insectes sur 50 km à la ronde. Quand elles commencent à sortir, c’est un flux ininterrompu qui se poursuit pendant trois quarts d’heure. La file qu’elles forment semble parcourue d’ondulations, et par moments les animaux s’écartent tous les uns des autres, pour aussitôt se regrouper à nouveau. Comme pour les vols d’oiseaux ou les bancs de poissons, il est toujours impressionnant d’observer la synchronisation de milliers d’individus, et on se demande à quels mystérieux signaux ils obéissent avec un tel ensemble.

C’est plus explicite en vidéo : Phnom Sampov, départ des chauves-souris

Puis, retour à Battambang, dîner au night market dans un petit resto local, et retour à l’hôtel.

Denis