Dernière journée à Phnom Penh

Visiter le Cambodge en basse saison offre des avantages substantiels : moins de monde bien sûr (comme à Koh Rong Sanloem), mais aussi des hébergements à très bon marché. Nous avons dormi dans un hôtel vraiment bien pour moins de 50$, petit déjeuner compris (buffet à volonté). Au 14ème étage, une piscine, avec vue plongeante sur le palais royal.

Ce soir à 21h nous prenons l’avion du retour. Mais cela nous laisse une bonne dernière journée à Phnom Penh. Après le copieux petit déj, nous nous rendons au marché russe pour acheter quelques souvenirs. Un peu comme le central market que nous avons visité il y a quelques jours, c’est un grand bazar où l’on trouve de tout : nourriture, textiles, souvenirs, articles de bricolage… Décidemment j’adore ces ambiances des marchés asiatiques, on ne sait où poser le regard.

Russian market

Après avoir fait nos emplettes, nous retournons à l’hôtel piquer une tête dans la piscine, histoire de nous rafraichir un peu.

La piscine du Okay Boutique Hotel

Et de cet étage, nous admirons le palais royal… et nous observons où il est situé…

Le palais royal depuis le toit du Okay Boutique Hotel

Parce que cet après-midi, nous comptons bien le visiter. Trois fois déjà lors de notre précédent passage à Phnom Penh nous avons voulu le voir et nous avons trouvé porte close. Et quand nous y retournons, une nouvelle fois, c’est fermé… sauf que nous réalisons que nous ne sommes pas au bon endroit, il ne s’agit pas des bâtiments que nous observions depuis le toit de l’hôtel ! Nous comprenons notre erreur, poussons un peu plus loin, et là, miracle, c’est ouvert !

Nous prenons une guide francophone pour la visite. Elle nous présente essentiellement la majestueuse salle du trône, un mini musée et la pagode d’argent, lieu de culte bouddhique utilisé par le roi. Elle est désignée ainsi parce que son sol est entièrement recouvert de plus de 5000 dalles en argent massif, de plus d’un kilo chacune. Elle contient une grande statue de bouddha en or, sertie de diamants, et une autre en émeraude. Somptueux, luxueux. Et sans doute choquant pour un pays aussi pauvre. Etonnant aussi que le palais ait traversé aussi bien la période des khmers rouges. Avant cette époque, le roi se déplaçait parfois à dos d’éléphant, il en avait une vingtaine dans ses écuries, mais eux n’ont pas survécu à ces années tragiques.

La salle du trône

La pagode d'argent

Tous ces bâtiments sont relativement récents, ils ont été reconstruits au début du XXème siècle. Je les trouve très élégants, ils ont vraiment de l’allure.

La pagode d’argent est entourée d’une enceinte dont le côté intérieur est peint sur une longueur de 600 mètres : c’est une représentation du Ramayana. Nous sommes impressionnés et séduits par la finesse de cette peinture. Elle souffre beaucoup de l’humidité ambiante et est très endommagée. 100 mètres ont été restaurés par une équipe polonaise, mais il reste du travail !

La fresque du Ramayana autour de la pagode d'argent

Au-dessus du petit musée où sont présentés entre autres des vêtements royaux d’apparat vivent les brahmanes qui officient au palais. Oui, parce que le roi et sa famille pratiquent non seulement le bouddhisme, mais aussi l’hindouisme ! Nous avions déjà été intrigués par ce mélange des religions en visitant les différents temples d’Angkor ou le musée national ici à Phnom Penh, mais  nous avons ici la meilleure illustration de cette cohabitation. Pouvons-nous imaginer nos rois pratiquant plusieurs religions ?

Nous apercevons le bâtiment où vit le roi. Aujourd’hui il est présent. Nous nous abstenons d’aller le saluer, nous n’avons pas assez travaillé notre révérence cambodgienne.

En sortant du palais, nous traversons une place où flânent les gens en ce dimanche après-midi. Nous profitons pleinement de cette ambiance sympa.

Devant le palais royal 

Puis nous nous attablons à un café au deuxième étage d’un immeuble pour observer une dernière fois les scènes de rue, qui me fascinent toujours autant.

Dans les rues de Phnom Penh

Dans les rues de Phnom Penh

Nous regardons, nous nous imprégnons une dernière fois, avant de retourner à l’hôtel récupérer nos bagages et de monter dans un tuk tuk qui nous conduit à l’aéroport. Nous sommes tristes, c’est dur de quitter ce pays. Un dernier trajet dans cette incroyable cohue, puis c’est l’aéroport et le retour.

Denis

Retour à Phnom Penh

Ce matin nous quittons l’île de Koh Rong Sanloem. Tristes de partir de ce lieu si paisible, si beau, et tristes parce que nous prenons le chemin du retour, c’est la fin des vacances.

Koh Rong Sanloem, en attendant le bâteau du départ

Nous avons réservé un speed boat censé partir à 10h pour rejoindre Sihanoukville, où un bus nous attend à 13h pour regagner Phnom Penh. A priori c’est large, vu qu’à l’aller la traversée a pris à peine plus d’une demi-heure. Sauf que… le bâteau arrive avec une heure de retard, puis il dessert  l’île voisine de Koh Rong après la nôtre, et enfin à Sihanoukville il n’aborde pas au quai initialement prévu, mais de l’autre côté de la ville. Ville dans laquelle la circulation est très difficile, c’est un euphémisme. Un bus est affrété par la compagnie pour rejoindre le lieu où nous devons aller, mais un employé nous conseille d’y aller par nos propres moyens, parce que le temps qu’il parte puis qu’il se sorte des embouteillages, il sera trop tard pour nous.

Nous montons donc dans un tuk tuk, et c’est parti pour une traversée de cette ville incroyable. Notre impression d’il y a quatre jours est confirmée : c’est un vaste chantier, partout des bâtiments en construction, des tas de gravas, des grues, des camions, et des embouteillages. Et partout des inscriptions en chinois.

Sihanoukville

Nous arrivons à 13 heures au bureau d’où est censé partir notre car… sauf que non, finalement, il part d’un autre endroit, on nous fait vite monter dans un minibus, qui part… pour refaire en bonne partie le chemin inverse de celui que nous venons de faire ! Nous arrivons finalement au vrai point de départ, patientons quelques temps, pour finalement partir à 14h, avec une heure de retard. Normal.

S’ensuit un long trajet sur une route correcte (contrairement à la route aller Kampot Sihanoukville, complètement défoncée), mais saturée de camions. Arrivée à Phnom Penh après 20h. Ca aura été une journée entièrement consacrée au trajet. Heureusement, un super hôtel nous attend, après un dernier dîner dans un petit resto sympa.

Denis

Koh Rong Samloem en vidéo

Puisque papa ne s’est pas trop foulé pour retranscrire nos aventures durant nos 3 journées aux portes du paradis, je me propose de remplir humblement cette tâche.

Vous trouverez ci-dessous un lien menant à un vlog que j’ai réalisé malgré de fortes contraintes techniques dont je vous prie de ne pas me tenir rigueur, mais qui permet toutefois, je l’espère, de se faire une meilleure idée de notre séjour sur l’île.

https://youtu.be/4dgx2jSjYPk

Dernière journée à Koh Rong Sanloem

C’est notre dernier jour complet sur l’île, nous partons demain, mais nous sommes bien résolus à en profiter à fond.

Koh Rong Sanloem (photo par Cécile)

Le matin nous reprenons un paddle pour aller faire les c… dans l’eau, puis grosse pause, et en fin d’après-midi, nous finissons par nous décider pour une petite balade vers lazy beach, de l’autre côté de l’île, par un chemin qui traverse la forêt. Quand nous cherchions un hébergement, nous avions hésiter à opter pour cette plage. Mais aujourd’hui, en la voyant, nous ne regrettons pas notre choix : il n’y a vraiment pas grand chose de ce côté, quelques bungalows très roots et un resto.

Koh Rong Sanloem, lazy beach

Koh Rong Sanloem, lazy beach

Par contre ici, il y a des vagues, nous nous baignons longuement, avant de prendre le chemin du retour, et nous arrivons juste à temps pour éviter de nous retrouver sous une averse tropicale.

Koh Rong Sanloem

Denis

Quelques jours sur une île tropicale

Nous finissons notre séjour sur un petit coin de paradis, l’île de Koh Rong Sanloem, au large de Sihanoukville. Trois journées complètes sur une plage d’une île tropicale… Sur cette île il y a surtout une grande crique, avec une plage de plus de deux kilomètres, et des hébergements en bungalows plus ou moins chics répartis sur cette plage. Nous avons opté pour Paradise villas, sur un côté de la crique, et notre choix fut excellent. Incroyable comme nous avons la plage pour nous (presque) tous seuls ! Nous sommes en basse saison, parfois des averses viennent ponctuer notre journée, mais franchement… c’est supportable.

Koh Rong Sanloem, vue depuis notre bungalow

Koh Rong Sanloem

Koh Rong Sanloem

Koh Rong Sanloem

Du coup, vue la cadence infernale ici, j’abandonne le rythme d’un billet de blog par jour, intenable. Donc pas de billet hier, pour relater le fait que… nous n’avons rien fait. A part baignade, bouquinage, sieste. Et puis Romane prépare un vlog, alors bon, plus la peine de s’user les doigts sur le clavier.

Paradise villas à Koh Rong Sanloem

Koh Rong Sanloem

Koh Rong Sanloem

Aujourd’hui quand même, regain d’activité : pas de sieste, mais une balade en kayak + paddle pour aller faire un peu de snorkelling (palmes masque tuba) au bout de la crique. Bon, comme fonds marins, sans vouloir faire les blasés, on a vu mieux, l’eau est un peu trouble, et il n’y a pas une faune extraordinaire. Mais nous sommes sans doute mal habitués.

Kayak et snorkeling à Koh Rong Sanloem

Reste une balade sur l’eau sympa, avec un retour au soleil couchant, pas pire.

Koh Rong Sanloem

Denis

Vers les îles du Sud

Aujourd’hui, direction les îles paradisiaques du Sud…mais pour cela, il nous faut accepter de quitter notre petit paradis au bord de la rivière après une dernière baignade.

Au bord de la rivière à Kampot

Jour d’examen de fin de secondaire… un souvenir presque lointain pour notre jeune bachelière.

Journée d'examen à Kampot

Nous prenons un car pour Sihanoukville, ou plutôt son embarcadère. Nous n’avons aucune intention de résider dans cette ville dont on nous dit qu’elle est en pleine transformation, occupée par les Chinois qui construisent un nouveau Macao. Le trajet se fait en partie sous une pluie tropicale qui nous fait craindre un moment de ne pouvoir embarquer pour les îles… la route est défoncée avec d’énormes nids de poules, nous avançons au pas et finissons par arriver à proximité de Sihanoukville. Route encombrée de camions, chantiers de construction, magasins de matériaux de construction.  Immenses chantiers  pour de futurs casinos, hôtels de luxe. Heureusement que la pluie s’est calmée, nous laissant embarquer avec près d’une heure de retard, en raison des embouteillages.

C’est sûr, nous ne viendrons pas y passer nos prochaines vacances…

Sihanoukville chinoise

Le port de Sihanoukville

Nous arrivons en fin de journée à Koh Rong Sanloem… et ça va être dur !

Arrivé à Koh Rong Sanloem

A la recherche du prince charmant

Cécile

Farniente, puis balade en scooter

Hier nous n’avons rien fait ! Nous avons glandé à Greenhouse, l’ensemble de bungalows près de Kampot où nous restons trois nuits, pour bouquiner, nous baigner dans la rivière, faire un tour de paddle… Du coup, pas de billet car on ne publie pas un billet pour dire qu’on ne fait rien, si ? Bon, allez, quelques photos de glande, quand même…

Pour Alice : mais à quoi jouent Romane et Denis ?

Au bord de la rivière à Kampot

Au bord de la rivière à Kampot

Greenhouse à Kampot

Au bord de la rivière à Kampot

Le soir, quand même, nous avons daigné nous bouger pour aller dîner à Kampot.

Dans les rues de Kampot

Aujourd’hui par contre, nous avons été plus actifs. Nous avons loué deux scooters pour la journée, et sommes partis pour deux sympathiques balades.

Balade en scooter autour de Kampot

La première avait pour but une plantation de poivre, dans la campagne à une petite vingtaine de kilomètres de Kampot. Nous avons traversé la ville, puis emprunté sur quelques kilomètres la route qui mène à Kep. La circulation était assez dense, la chaussée non asphaltée était parsemée de nids de poule : nous avons été heureux quand il a fallu bifurquer vers une piste en terre rouge qui s’enfonçait dans les champs, beaucoup plus calme.

Le poivre est une spécialité de la région, introduite d’Inde au 13ème siècle. Le poivre de Kampot et une appellation d’origine contrôlée. La plantation (c’est son nom, elle a été créée par un couple de Français) organise des visites gratuites, en anglais ou en français, suivies de dégustations, dans le but évidemment de vendre ses produits. Nous découvrons ainsi comment pousse le poivre : c’est une liane qu’on fait croitre le long de tuteurs de quatre mètres de haut, abritées du soleil par des palmes. Les grains poussent en grappes et arrivent à maturité à des moments différents. On récolte donc à la main les premiers grains matures, alors rouges ! Lors d’une seconde phase, on ramasse la grappe avec tous les grains qui restent, mais ceux-ci sont ensuite triés, manuellement encore. Ils y a environ 20 000 plants sur cette plantation, qui produisent à peu près 20 tonnes chaque année. La récolte se déroule de février à mai. Ils ont également quelques bananiers, fruits de la passion, papayes…

Plants de poivre

Plantation de poivre

Sur le chemin du retour, Cécile s’est risquée à prendre le guidon du scooter ! Une vraie dingue !

Secret lake

Nous sommes passés à côté du Secret Lake, un lac artificiel creusé à l’époque des Khmers rouges. Il a dû coûter un certain nombre de vies… Ensuite nous avons traversé des paysages de rizières, toujours aussi séduisants par leur vert tendre et les reflets dans l’eau.

Rizières autour de Kampot

Rizières autour de Kampot

Mais bientôt nous avons dû rejoindre la grande route Kep Kampot. Et à cette heure le vent soufflait fort et s’alliait avec les camions pour soulever des nuages de poussière. Nous n’étions pas fâchés d’arriver à Kampot !

Après la balade en scooter

Nous sommes rentrés à notre bungalow et avons piqué une tête dans la rivière. Il m’a semblé qu’après, son eau était encore plus brune qu’avant.

Au bord de la rivière à Kampot

Greenhouse à Kampot

Mais nous sommes repartis rapidement sur nos montures pour gagner des marais salants, juste au sud de Kampot. On nous a dit que le coucher du soleil y était sympathique. Et en fait, bah oui.

Les marais salants de Kampot

Nous avons regardé le crépuscule en buvant une bière dans le bar d’un Français, installé ici au bout du monde avec femme et enfant avec quelques bungalows, quasiment pas fléchés, pas référencés par les guides, pas indiqués par google maps. Nous sommes venus ici parce qu’on nous avait conseillé le coin, mais on peut se demander de quoi ils vivent. Dans les environs, les habitants sont des Chams, une minorité musulmane du Cambodge. Le Français et sa compagne nous expliquent qu’à l’origine ils pratiquaient un Islam modéré, mais que ces derniers temps leur pratique change, les femmes sont désormais intégralement voilées et l’intolérance vis à vis des non musulmans tend à augmenter, sous l’influence de l’Arabie Saoudite, qui finance la réfection de la mosquée, l’imam… Un refrain déjà entendu ailleurs.

Une mosquée Cham dans les marais salants de Kampot

Ils nous ont expliqué également que les prix des terrains flambent, sous l’influence de personnes riches de Phnom Penh ou d’autres grandes villes qui veulent des résidences secondaires près de la côte. Le paysage va changer. Déjà Sihanoukville connait une ruée d’investisseurs chinois qui rachètent à tour de bras et qui ont l’ont complètement transformée. On nous a fortement déconseillé d’y séjourner, c’est maintenant une ville détenue par des Chinois, pour les Chinois. Nous y passerons demain, mais seulement pour embarquer pour les îles.

Pour finir, nous testons la spécialité de la région, le crabe au poivre vert, pêché à Kep, un peu au Sud de Kampot. Nous sommes dans un resto chic mais nous ne savons décidemment pas nous  tenir et nous dépiotons le crabe pendant une heure. C’est très fin.

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Denis

En route vers le sud

Ce matin, nous tentons de nouveau de visiter le palais royal : nouvel échec, ils est encore fermé. Apparemment, on reçoit une délégation australienne, bref nous changeons de plan et allons visiter le Musée national du Cambodge, que nous avions prévu de voir plutôt à notre retour à Phnom Penh, avant le retour en France. Il contient la plus riche collection d’art khmer au monde, essentiellement des statues des périodes pré-angkorienne et angkorienne, prélevées dans les temples à travers tout le pays. Mais il y a aussi des stèles gravées portant des inscriptions en sanscrit et en ancien khmer, des tambours en bronze d’avant l’influence indienne (c’est à dire avant la période pré-angkorienne), des objets divers de la période post-angkorienne…

Musée national du Cambodge

Beaucoup de ces statues ont été mises dans la collection du musée pour les protéger, les mettre à l’abri des pillards. Nous sommes pantois devant la somme de connaissances associées à ces œuvres :  les spécialistes parviennent à identifier précisément quels sont les dieux représentés et à les dater. Alors que nous, nous ne parvenons souvent même pas à déterminer si elles se rapportent au bouddhisme ou au brahmanisme !

Musée national du Cambodge, Garuda

Musée national du Cambodge

Beaucoup de ces statues sont très belles.

Musée national du Cambodge

Musée national du Cambodge

Dans l’après-midi, nous prenons le bus pour Kampot, à quatre heures de route vers le sud. Trajet sans problème dans un bus confortable, climatisé, depuis lequel nous voyons de nombreux camions allant tous dans le même sens, lourdement chargés de personnes voyageant debout. Renseignement pris, il s’agit d’ouvriers qui rentrent de leur journée d’usine.

Des ouvriers de retour d'usine

Nous arrivons de nuit dans notre nouveau séjour. Nous logeons dans un bungalow, au bord de la rivière, nous allons nous y poser un peu. La semaine dernière il a beaucoup plu, et le niveau de la rivière est monté brusquement, jusqu’au plancher des bungalows (sur pilotis). Depuis tout est rentré dans l’ordre. Ici dans le sud, c’est un peu le risque en cette saison, il se peut que nous ayons beaucoup de pluie. On verra bien…

A Kampot

Denis

Devoir de mémoire

Ce matin, nous avions prévu de visiter le Palais Royal mais il est fermé alors nous nous rendons au Musée du génocide, la prison S 21, ancien lycée devenu lieu de “production de traitres” selon l’Angkar, l’organisation des khmers rouges.

Nous sommes secoués par la visite de ce lieu de souffrance extrême, absurde, dans lequel furent torturés des milliers de personnes. Le parcours, documenté et précis relate la prise de Phnom Phen par les Khmers rouges le 17 avril 1975, accueillis comme des libérateurs par la population qui subissait les bombardements réguliers américains, “dégâts collatéraux” de la toute proche guerre du Vietnam.  La ville est vidée de ses habitants dans les heures qui suivent et toute trace du peuple nouveau, en opposition au peuple ancien, doit disparaitre. Comprenez étudiants, médecins, professeurs, hommes de droit, ingénieurs… Savoir lire et écrire est en soi suspect.

Au cours des presque 4 années de ce régime, 1 Cambodgien sur 4 meurt : exécutions sommaires, famine, épuisement dans le travail des champs…

Difficile de décrire ce que l’on ressent en écoutant les témoignages des quelques survivants de S21, 12 sur plus de 12 000 prisonniers (recensés, mais potentiellement jusqu’à 20 000, les khmers rouges ayant détruit une partie de leurs archives à l’arrivée des Vietnamiens), en parcourant les photos de tous ces hommes, de toutes ces femmes. 

Musée de génocide S-21

Musée de génocide S-21, photos de victimes

Comment cela a-t-il pu être possible ? Comment concilier l’image paisible du pays aujourd’hui, la grandeur de la civilisation khmère d’Angkor et la cruauté des cadres khmers, souvent de jeunes voire très jeunes hommes ?

Retourner à notre journée de touriste après cette immersion dans ce passé si récent est pour le moins étrange. Une pause dans un café pour préparer la suite du voyage nous permet d”atterrir” un peu.

Le Palais royal est toujours fermé, nous décidons d’aller déambuler dans le Marché central, construit en 1937, qui reste encore aujourd’hui un des plus grands marchés couverts d’Asie. On y trouve tout : des bijoux, des vêtements, stands de poissons, viande, fruits et légumes, de la vaisselle, et aussi des rangées de couturière, des mini salons de coiffure ou de manucure. C’est fascinant.

Central market

Un salon de coiffure dans le Central market

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Central market

Central market

Retour à pieds, il fait moins chaud et nous découvrons une ville très contrastée, ruelles sombres et très pauvres, restaurants de rue, boutiques multiples mais aussi centres commerciaux “modernes” se côtoient à quelques mètres.

Dans les rues de Phnom Penh

Dans les rues de Phnom Penh

Dans les rues de Phnom Penh

Fin de journée au bord du fleuve Tonlé Sap : une pensée pour Jean-Louis que nous avons du mal à imaginer enfant dans cet environnement Sourire

Le Tonlé Sap

Cécile

De Battambang à Phnom Penh

Ce matin nous visitons tranquillement Battambang : nous avons un document qui présente un certain nombre de bâtiments caractéristiques dans le centre ville. Après un petit dej dans un café qui propose de vrais expressos (hum ! parce que sinon, le café cambodgien est vraiment pas terrible), nous parcourons quelques rues du centre ville. Nous sommes frappés par la ressemblance avec Malacca, en Malaisie. La plupart des maisons sont conçues selon le même principe : une boutique qui donne sur la rue, d’environ cinq mètres de large, une cour derrière avec un autre bâtiment au fond, et un étage d’habitation avec balcon au-dessus de la boutique. Devant celle-ci, un trottoir abrité de la pluie et du soleil, sauf que… il n’est jamais praticable, obstrué de scooters, fauteuils, voitures… on marche dans la rue. Et les gens, devant leur boutique, qui laissent des offrandes aux dieux, ou qui brulent des déchets.

Battambang

Battambang

Battambang, des offrandes

Beaucoup de ces bâtiments datent de l’époque coloniale, pendant laquelle des commerçants chinois se sont installés. Ce sont eux qui ont amené ces maisons de commerce, communes dans l’Asie du sud est. Nous voyons également un temple chinois, et un autre temple dont l’architecture est paraît-il d’influence thaïlandaise. En effet cette région du Cambodge était rattachée au royaume de Siam, aujourd’hui la Thaïlande, jusqu’en 1907. Et nous passons également devant deux écoles chinoises.

Il fait chaud, nous rentrons à l’hôtel après déjeuner pour piquer une tête une dernière fois dans la piscine, avant de prendre le bus vers Phnom Penh.

Battambang, la piscine de l'hôtel

Puis nous prenons la route, dans un mini bus. Cette fois ce sont des souvenirs de Java qui nous reviennent ; la circulation est dense, il y a des habitations sur tout le trajet, la route fait vivre les gens. Il vaut mieux ne pas trop surveiller ce que fait le chauffeur : on dépasse même si des véhicules viennent en face, ils se pousseront bien… Nous allons vite, pourtant c’est long, plus de cinq heures, nous arrivons de nuit, à vingt heures passées à Phnom Penh.

Nous n’avons pas pu réserver d’hôtel, ceux que nous avions contacté par internet n’avaient pas de dispo. Pour une fois, nous nous fions à un conducteur de tuk tuk qui nous propose un établissement dans le centre, dans un quartier apparemment touristique. Nous visitons la chambre, nous la prenons et payons les 30$. Mais une fois installés nous regardons les draps de plus près ; ils sont sales. Et nous vérifions les avis sur google : l’adresse est franchement mal notée, beaucoup de commentaires signalent des punaises de lit ! Nous plions bagages, tentons sans succès de récupérer notre argent, et partons en quête d’autres lits pour la nuit. Cécile est furieuse.

Nous trouvons rapidement un autre hôtel, conseillé par nos guides, celui-là, pas par un chauffeur de tuk tuk ! C’est pas extraordinaire, mais ça ira pour une nuit.  Juste à côté, il y a des bars avec beaucoup de charmantes jeunes femmes. Oui, bon, des bars à putes, ça met de l’animation !

Dîner très tardif, raviolis dans un boui-boui chinois bien sympa, puis retour à l’hôtel.

Denis